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Schubert : Au cœur du Mystère

Avec la participation d’Éric Durnez (écrivain), Xavier Hascher (musicologue, professeur à l’Université de Strasbourg), Christophe Mory (auteur), Guy Mertens (psychanalyste), Philippe Cassard (pianiste) et le modérateur Victor Ginsburgh.

L'incroyable fécondité de Schubert (1797-1828) continue à laisser pantois biographes et musicologues. Certaines périodes créatrices de sa courte vie restent inexplicables, notamment les années 1815-1816 (il avait 18-19 ans) et, bien entendu, les fameux "vingt et un mois" de 1827-1828 qui virent l'éclosion de tant de chefs-d'œuvre. Au total, plus de 900 œuvres en 16 ans malgré une vie sociale bien remplie et de longues périodes de stérilité créatrice. Les quelques témoignages qui restent de ses amis décrivent un Schubert composant dans la fièvre, à toute vitesse, comme s'il noircissait ses partitions sous la dictée…
Les premières biographies consacrées à Schubert ont entretenu le mythe du pauvre instituteur inculte et souffreteux, traversé presque malgré lui par le génie. Les musicologues ont toutefois montré à quel point Schubert n'avait pas la facilité que lui prête la légende. Nombre d'œuvres ont connu plusieurs versions ou sont restées inachevées.

Musicologues, compositeurs, biographes, musiciens et psychanalystes se réuniront pour tenter de percer, ou du moins d’approcher, le mystère du processus de création chez Franz Schubert.

Ce colloque s’adresse à tous les professionnels ou futurs professionnels de la musique mais également à un mélomane qui désire en savoir plus sur ce compositeur.


Date & Lieu : 09.02 10:00 › 17:00 Flagey (Studio 1)

Programme
10h00 : Introduction par Victor Ginsburgh, Modérateur
10h10 › 10h40 : Eric Durnez (écrivain) : Questions sur une vie
 
Un écrivain raconte Schubert. Plus exactement il raconte sa rencontre avec Schubert, son enquête, sur quoi il bute, ce qui le frappe, les anecdotes de sa biographie qui paraissent révélatrices, les faits qui pourraient "objectiver" son récit, les zones d'ombre…
Sans extrapolation ni spéculation, sans commentaire et sans analyse ce récit, incomplet, inachevé s'attarde sur certains détails, erre dans la chronologie… Une biographie en creux.
10h40 › 11h30 : Xavier Hascher (musicologue) : Schubert et l’errance musicale, quelques réflexions sur la musique instrumentale 
 
L’un des obstacles les plus déroutants de la musique de Schubert est son manque apparent de directionnalité. Tantôt, alors qu’elle semblait tendre vers un but, elle s’en détourne pour s’égarer dans des détours inextricables ; tantôt, elle semble au contraire chercher son but comme si elle ne savait pas où aller, pour déboucher soudain – miracle du génie ou effet du hasard ? – là où on ne l’attendait pas.
14h00 › 14h50 : Christophe Mory (auteur) : Itinéraires dans les lieder de Franz Schubert
 
Franz Schubert, a écrit quelques six cents lieder. Une forêt en réalité que cachent certains arbres tels que le Erlkönig ou le Wanderer ou encore la fameuse Truite. Comment s’y retrouver ? Par auteur de poèmes qu’ils soient Goethe, Schiller, Mayrhoffer ou Schober ? Par tonalité, par tempi ?
Christophe Mory propose une approche, un regard, une écoute qui permettent d’avoir une boussole dans cette forêt et de s’y promener sans s’y perdre. Parfois anecdotique, parfois historique, tantôt littéraire, tantôt musical, le discours autour des lieder est aussi une réponse à la question schubertienne de l’utilité de son art et de sa vie.
14h50 › 15h40 : Guy Mertens (psychanalyste) : Composer pour exister
 
« N’ai-je pas droit moi aussi à une place sur la surface de la terre ? ». Peu avant sa mort, Schubert exprime cette angoisse qui l’habite probablement depuis l’enfance. C’est probablement cette subjectivité particulière qui l’a rendu immortel et qui trouve une adresse posthume particulièrement chez l’homme moderne. Il l’a vécue comme une obligation de composer pour se faire un nom, sorte d’impossibilité de sortir de l’adolescence, en permanence dans un entre-deux et trouve comme seule issue l’inscription de sa musique.
16h00 › 17h00 : Philippe Cassard (pianiste) : Note du traducteur : La Sonate D960
 
Un interprète est amené, au-delà de l’analyse et de la description proprement dite, à faire entendre à l’auditeur de quelle manière concrète ses doigts traduisent et justifient sa pensée, ses idées, son approche et sa compréhension de telle phrase musicale, succession d’accords, harmonie, ou indication de tempo.
L’auditeur se fera petite souris, au cœur du travail quotidien de l’interprète, travail au petit point, où chaque note doit être imaginée et comme « sertie » de l’intérieur avant son rendu sonore, sa mise en perspective, sa légitimation, son intégration parmi les autres.

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